« Tunnel » de Kim Seong-Hun : un film surprenant qui se joue des clichés

par helloaylee

2016 a été un très grand cru en terme de cinéma coréen ! Après The Strangers, Mademoiselle et le Dernier train pour Busan, il est temps d’embarquer pour un autre gros hit de la même année : Tunnel de Kim Seong-Hun.

Tout commence dans un Tunnel

Alors qu’il rentre retrouver sa famille pour l’anniversaire de sa fille, Jung-Soo se retrouve enseveli sous un tunnel, complètement effondré. Seul, avec seulement deux petites bouteilles d’eau, le gâteau à la crème pour sa fille et son téléphone pratiquement chargé. Il va devoir tout faire pour survivre. Voilà pour le synopsis du film du réalisateur Coréen Kim Seong-Hun.

Tunnel film coréen 2016

Un récit humain, léger et grave à la fois

Après le remarqué Hard Day (2015), le cinéaste continue de filmer des jours difficiles dans ce film à l’ambiance étouffante d’un tunnel écroulé. Si d’abord l’histoire semble peu originale — un gars se retrouve seul sous un tunnel et va devoir sortir —, on repense à Daylight (1996) de Rob Cohen, réalisateur de Fast And Furious (2001), film classique où les plus forts sont finalement les plus démunis. Ici, le cinéaste a su donner à son acteur principal Ha-Jung Woo (Mademoiselle de Park Chan Wook – 2016), une gravité, de l’humour et un humanisme sans faille pour aiguiller son récit. Et malgré le peu de place, Ha-Jung Woo se révèle très à l’aise dans ce décor et parvient par son jeu à nous faire ressentir chaque émotion et sentiment du personnage.

Tunnel le film - helloaylee

Un mélange d’émotion

Ainsi, pendant deux heures, on étouffe, on se blesse, on se surprend, on rigole. Tout : chaque geste, ton, image, jeux, très justement interprété, suit une mise en scène précise, logique et efficace. Ainsi, les scènes en extérieur, toujours survolées par une caméra aérienne, libre et respirant l’air frais, sont teintées d’humour pour laisser au spectateur la possibilité de respirer autre chose que de la poussière. Et si, les gros plans dans le tunnel évoquent évidemment une intimité particulière avec le personnage, le réalisateur et son chef opérateur Kim Tae-Sung — avec qui il a déjà travaillé sur Hard Day — ont eût l’intelligence de ne pas trop en faire. De ne pas respirer l’haleine de l’acteur mais au contraire de le laisser souffler lui aussi.

En effet, les passages à vide du personnage sont filmés avec pudeur et retrait, laissant ainsi place au spectateur à de la contemplation ; alors que les scènes d’action, camera à l’épaule, incitent à participer. A côté de ça, on retrouve le monde extérieur des yeux de Se-Hyun, jouée par Donna Bae (Cloud Atlas (2012), Sense8 (2015)), qui campe le personnage de sa femme, ainsi que Dae-Kyoung, joué par Dal-Su Oh (Old Boy (2003) de Park Chan Wook), sauveteur en chef chargé du secours de Jung-Soo, qui, à mesure que le film avance, s’acharne de plus en plus, envers et contre tous pour le sauver.

Tunnel Korean movie

Une critique de la société coréenne

Cependant, si la mise en scène est par moment subtile, le message politique derrière l’histoire, lui, ne l’est pas. Que ça dérange, ou pas, est un autre problème ; mais l’évidence du message lui retire toute force de persuasion. Si aujourd’hui le cinéma coréen passe enfin les frontières grâce à un renouveau du genre et des cinéastes (Snowpiercer (2013) de Bong Joon-Ho, Dernier train pour Busan, (2016) de Sang-Ho Yeon), Kim Seong-Hun sort — sous prétexte d’un récit humain — une critique acerbe, cinglante, médiatique et intéressée de la société coréenne d’aujourd’hui, qui malheureusement, perd en force et légitimité par son côté simple, trop direct, immature et maladroit. De quoi faire de ce film, en parti réussi et plutôt surprenant, un manifeste égoïste et inintéressant.

Tunnel le film - société

Un film qui contribue à la visibilité du cinéma coréen en Europe

Heureusement, le long métrage bénéficie de très bons acteurs, d’une écriture juste et d’une mise en scène équilibrée entre ambiance, son, image et couleur. Dans l’ensemble, le film participe à l’explosion du film coréen en Europe grâce à ce jeune cinéaste qui n’hésite pas dans ses histoires, à se jouer des clichés et à nous surprendre davantage. À suivre.

– Critique écrite par Wabaki
Tous les screens sont issus de la bande-annonce officielle 

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