L’Île aux chiens : le film captivant et mordant de Wes Anderson

par helloaylee

Profitant des nombreux ponts de Mai, je me suis fait une petite session cinéma récemment pour rattraper mon retard sur certaines sorties : Avengers Infinity War mais également le long métrage d’animation, l’Île aux chiens. Sorti depuis le 11 avril, ce dernier est d’ailleurs mon vrai petit coup de cœur de l’année tant par son charme que par sa fraîcheur.  Mais avant de vous expliquer pourquoi, place au synopsis.

Quand la grippe canine chamboule Megazaki

Suite à l’épidémie d’une grippe canine, Kobayashi, le maire de la ville de Megazaki, a décidé de mettre en quarantaine tous les chiens de la ville sur une île décharge. Les contaminés présentent plusieurs symptômes : une certaine fièvre trufffoïde mais surtout des signes d’agressivité envers les hommes. Plusieurs mois après cette mesure, le pupille du maire, Atari, décide de partir à la recherche de son chien, Spots, à l’aide d’un turbo propulseur qu’il a lui même détourné. Mais celui-ci s’écrase sur cette île nommée désormais, l‘Île aux chiens.

Ile aux chiens cinema 2018

Du grand Wes Anderson ?

8 ans après le fascinant Fantastic Mr. Fox, Wes Anderson remet le couvert avec le cinéma d’animation avec l‘Île aux chiens. Fort de sa précédente expérience, le réalisateur américain est allé plus loin dans la prouesse technique et visuelle pour Isles of Dogs tout en restant fidèle à lui même sur la mise scène et la symétrie – très pointilleuse – des plans. Que ce soit dans les détails, la texture ou les couleurs, rien n’est laissé au hasard.

On retiendra également les nombreuses références largement inspirées du cinéma japonais : Akira Kurosawa, Ozu mais aussi Hayao Miyazaki pour sa prise de position écologique. Arborant un Japon futuriste mais aussi des années 60 rappelés par les estampes japonais – s’apparentant à ceux du peintre Hokusai – , le film mélange dialogue japonais et anglais, comme il mélange animation 2D et stop-motion. Les répliques japonaises ne sont d’ailleurs pas systématiques traduites.

La figure autoritaire est d’ailleurs un élément récurrent dans les films de Wes Anderson : comme par exemple les parents dans Moonrise Kingdom ou encore le maire Kobayashi dans notre l’Île aux chiens. Mais la notion de famille y est également abordée, aussi bien dans les relations Kobayashi – Atari (oncle-neveux), ou entre les membres des différentes meutes de chiens. D’autres sujets complexes sont traités de manière subtile comme le pouvoir, les manigances, la liberté, la fidélité – les liens unis entre l’homme et le chien ou entre les chiens -, mais aussi la classe sociale à travers Chief et son statut de chien errant. Le film touche au final un très large public, s’adressant plus aux adultes qu’aux enfants et proposant plusieurs sens de lecture et une certaine critique politique du modernisme.

Mon ressenti sur l’Île aux chiens

J’ai tout d’abord été très intrigué en ayant vu le trailer au cinéma (c’était juste avant d’avoir vu le film Hostiles de Scott Cooper). Après 1h35 de visionnage, je suis sortie de la salle le sourire aux lèvres, pleine d’enthousiasme et de bons sentiments. J’ai adoré.

Tout d’abord l’esthétique du film est un vrai régal. Les couleurs sont magnifiques et l’immersion culturelle est totale tant sur les visuels avec les estampes, théâtre Kabuki et maisons contemporaines japonaises, que par la bande-son proposée par Alexandre Desplat – oscarisé pour La Forme de L’eau -. L’hommage au Japon et à sa culture a été particulièrement travaillée, originale et surtout réussie. Et comme dit précédemment, le niveau de détail est époustouflant, parfois j’oublie même qu’il s’agit d’animation en volume tant elle est si bien réalisée.

Critique Île aux chiens

La narration de film m’emporte vers une jolie fable poétique et dynamique pimentée d’une parfaite pointe d’humour. On en parle peu de l’humour présent dans l’‘Île aux chiens et pourtant j’ai ri de nombreuses fois que ce soit au niveau des références à la culture japonaise (joli combat de sumo !) ou au niveau des répliques (« vous avez entendu les dernières rumeurs ? »). Au final mes personnages préférés sont Chief et Atari tant le lien tissé entre ces deux êtres « errants » est devenu plus intéressant que la cause défendue par l’association et les membres des « pro-dog.

Les différents personnages blessés et exilés font de l’Île aux chiens un film plus sombre qu’il n’y paraît. Surtout qu’on y voit quelques ressemblances avec le camp 731 à certains moment du film. J’ai clairement été prise d’un élan d’empathie envers le sort des chiens mais de colère envers la suprématie des chats. Mais c’est ce qui fait la petite particularité de ce film : même si certains y verraient une critique à la fois politique et écologique, ce n’est pas le cœur de l’histoire car le discours préconise l’entraide, l’acception et le dialogue.

En bref, je salue Wes Anderson et son équipe pour le travail époustouflant et minutieux au niveau des visuels aussi bien dans le décors que dans les détails sans pour autant tomber dans des clichés grossiers. Chaque séquence est un émerveillement et d’une richesse prodigieuse confirmant qu’il s’agit bien d’un chef d’œuvre. Le charme de ce film repose sur cette sincérité et sa finesse à nous présenter une critique dépourvue de cynisme des dérives d’une société dystopique pas si éloignée de notre structure sociale actuelle. Cette Île aux chiens que je pensais sans prétention m’a vraiment agréablement surpris par son histoire touchante, captivante, à la fois sombre et décalée. Les personnages sont d’ailleurs très attachants, et étonnamment on se surprend à donner plus d’humanité aux chiens qu’aux humains eux-même. Et puis surtout, le titre Isles of Dogs (prononcé  I love dog en anglais) sonne comme une subtile déclaration à nos amis à 4 pattes, alors on peut que aimer ;).

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1 commentaires

Sophie janvier 14, 2019 - 3:50

Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ce film. Pourtant, j’avais hâte de le visionner, car il a l’air vraiment spécial. J’espère le retrouver sur mon site de films à télécharger favori, car après avoir lu ta critique, j’ai d’autant plus encore de le regarder !

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