L’anime de Beastars : la féroce surprise de ce début 2020

par helloaylee
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Ça y est ! Le shonen à succès et multi-primé Beastars est enfin adapté en anime ! Diffusé au Japon en octobre 2019, il est désormais disponible chez nous depuis le 13 mars dernier. Et c’est d’ailleurs Netflix qui s’occupera de la diffusion des douze premiers épisodes proposés en exclusivité sur sa plateforme.

La série plante son décor au lycée Cherryton, là où vivent en harmonie des animaux anthropomorphiques herbivores et carnivores. D’ailleurs pour permettre cette cohabitation sans heurts, les carnivores ont pour interdiction d’utiliser la force sur les herbivores ou de manger de la viande. Mais peut-on vraiment aller contre sa nature profonde ? C’est ce que semble remettre en question le meurtre d’un élève et alpaga Tem. Face à cette terrible nouvelle, tout le monde soupçonne l’un des seuls loups gris du lycée : Legoshi. Pourtant derrière ses grandes dents et son physique imposant, se cache un loup au cœur tendre. Par sa métaphore animale, Beastars aborde avec subtilité de nombreux thèmes comme le vivre ensemble ou encore la peur de l’autre.

Une critique de la société entre prédateurs et proies

Explorer l’univers de Beastars et ses tensions bestiales s’avère très prenant. Surtout quand il va s’agir de découvrir les failles de cet équilibre inter espèce au fil des épisodes. Dans ce passage à l’âge adulte en plein environnement scolaire, un étudiant remettra en cause son environnement : Legoshi. Ce loup sensible, timide et introverti se sent surtout coupable de sa nature de carnivore.

Même si certains arrivent à contenir leurs penchants pour la chaire animale, d’autres ont ont fini par succomber à la tentation. Chaque meurtre d’herbivore rappelle à quel point cette paix instaurée est fragile et que les méfiances ancestrales sont loin d’être oubliées. Evidemment les premiers regards se tournent vers les carnivores, durement rejetés et rappelés à l’ordre comme s’ils étaient tous des monstres. Ce qui n’est pas pour rappeler à quel point les herbivores vivent secrètement dans la peur : la peur de savoir que leur vie ne tient qu’à un fil car ils sont avant tout des proies. Le seul moyen d’apaiser ce climat de terreur est donc de devenir leader de l’école en voyant remettre le titre de Beastars.

C’est alors que les rencontres d’Haru la lapine et Rouis le cerf vont pousser davantage Legoshi à évoluer et à se questionner. Le personnage de Rouis est tout aussi intéressant à suivre. Ce cerf majestueux et à l’ambition dévorante de devenir Beastars est surtout torturé par sa volonté de surpasser sa condition d’herbivore. Il semblerait même qu’il voue une haine puissante qu’une certaine fascination aux animaux carnivores. Cette amitié passive agressive et surtout inédite qu’il entretient avec Legoshi crée une certaine complémentarité entre ces deux personnages malgré que tout les oppose. Beastars joue alors avec tendresse sur les codes adolescents et la symbolique de chaque espèce.

Beastars et sa romance interdite

J’aimerai d’abord vous parler de Legom, ce personnage qui m’a fait hurler de rire. Son travail, qu’elle prend très à cœur, consiste à vendre ses œufs aux restos du campus afin de nourrir les carnivores de protéines. C’est sa plus grande fierté et en ce sens elle préfère annuler des sorties entre amis « pour ne pas veiller tard car c’est mauvais pour ses œufs » et faire son petit footing pour garder la forme. C’est ça, sa vie de rêve, au nom de la dignité et la fierté de toutes les poules (oui oui oui c’est ce qu’elle a dit !). Franchement elle m’a régalé à chaque réplique. L’anime arrive donc très bien à jongler entre des scènes drôles et légères à des scènes très sérieuses et sombres (comme le marché noir).

L’intérêt grandissant que Legoshi porte à Haru ne cesse de le troubler depuis leur première « rencontre ». Est-ce l’instinct de prédateur, ou le début d’un amour impossible ? Disons qu’il trouve Haru littéralement.. à croquer. Sacré dilemme pour notre carnivore préféré. Cette attraction complexe voire interdite entre Haru et Legoshi aura son lot de situations cocasses et de déclarations touchantes. Torturé par ses contradictions, Legoshi reste néanmoins très consistant dans sa personnalité, surtout vis à vis de ses sentiments envers Haru. C’est ce qui rend Legoshi très attachant et en fait un formidable protagoniste.

Mais à côté de ça, je n’ai pas du tout accroché au personnage d’Haru que j’ai trouvé très fade contrairement à Juno, 10 fois plus captivante. Sa crise existentielle m’a presque tapé sur les nerfs. Autre protagoniste que j’ai adoré, Gôhin le panda archi badass psychothérapeute qui dédie sa vie pour le maintien de l’ordre social. C’est un peu le sensei que tout bon shonen se doit d’avoir.

Une réalisation plus que correct

L’anime parcourt les 7 premiers tomes du manga. Comme toujours les adaptations peuvent présenter quelques différences. Par exemple, l’aspect sordide semble être plus poussé dans le manga que dans sa version anime. Malgré son chara design plutôt mignon, Beastars s’adresse à un public averti pour les plus de 16 ans. Quant au rythme de la série, sachez que j’ai bingewatch en 2 jours les 12 épisodes tellement c’était haletant. Les personnages sont pour moi la réelle force de Beastars.

En France, c’est l’éditeur Ki-oon qui se charge de la parution du manga. Mais fait important : la mangaka Paru Itagaki a déclaré dans un numéro de Shonen Champion (janvier 2020) qu’elle travaillait actuellement sur la fin de Beastars.

L’adaptation en série animée est l’oeuvre du studio Orange Co., Ltd connu pour pour Hôseki no Kuni.  La réalisation inventive est un subtile mélange de 2D, 3D dont la qualité est parfois inégale sur certains épisodes. La cerise sur le gâteau c’est de loin l’opening dansant et jazzy WILD LIFE interprété par le groupe ALI ! Vraiment je valide, et l’avoir réalisé en stop-motion est une excellente idée. Puis n’oublions pas l’excellente bande-son tout en jazz signé Kôsaki Satoru, ancien compositeur pour la franchise d’Haruhi Suzumiya.

De par sa réalisation soignée et cette prouesse narrative unique où violence sanglante, humour et sentiments mielleux se mélangent à merveille, l’anime de Beastars est un must-see de ce début 2020 que je recommande sans hésiter. Si vous cherchez un anime divertissant à bingewatch sur Netflix (durant votre confinement), vous avez votre perle. Et face au succès retentissant de ces 12 premiers épisodes, une seconde saison est d’ailleurs en préparation !

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2 comments

VODKA juin 23, 2020 - 7:37

Par contre l’attente saison 2 n’est pas un défaut sinon on peut le dire pour toute les séries.

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helloaylee juin 23, 2020 - 7:47

1/ Ah oui c’est vrai qu’on adore attendre, l’attente c’est tellement un truc agréable
2/ ça se dit sur pas mal de série, navrée de te l’apprendre.

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